Objets connectés : Eldorado ou piège à gogos ?

Par Rédaction BrainRoster / 12 janvier 2017

L’objet connecté, c’est à la mode, c’est hype, et c’est surtout la grande tendance actuelle et à venir dans la hotte du vieux en rouge Coca. Enfin pour l’an prochain, parce que pour cette année il est déjà passé et il vous a sans doute apporté un drone.

On s’y fait depuis quelques années maintenant, l’objet connecté est la star au CES de Las Vegas début janvier. Et en bon technophile, cela fait un moment que j’avais envie de vous en parler. Sauf que...

... Sauf que l’an dernier, je m’étais justement arrêté à ce même CES, après avoir vu l’enceinte audio à se placer dans le vagin (pour les femmes justement, enceintes) et le biberon connecté, pardon, le "Slow Control Smart Baby Bottle" qui vous indique la quantité de lait bue par bébé et en combien de temps.
A ce moment là, je me suis dit que la soustraction marche aussi, vous savez, avec ces petites graduations qu’on trouve sur tous les biberons, et qu’on nous prenait vraiment pour des consommateurs débiles. Je reconnais avoir été gagné par le découragement. Et la dessus, sont venus les drones. Ceux là même qu’on ne sait plus trop s’ils sont légaux, même si vous n’avez pas de centrale nucléaire dans votre jardin.

Bref, l’an dernier, désabusé par cette vision de l’avenir connecté de l’Humain, et aussi par l’impression désagréable et persistante que l’on nous prend pour des quiches, j’avais laissé tomber cet article, ne trouvant pas la foi de vous parler de tous ces sujets pourtant intéressants que sont les objets connectés et leurs petits vices cachés.

Cette année, Le Monde titre donc sérieusement sur le drone à l’age de raison, mettant en avant un marché qui s’est structuré (donc avec des gagnants et des perdants) et un usage professionnel en plein essor.
Je vous passe le très sérieux Science et Vie qui m’a livré deux numéros spéciaux sur les objets connectés au cours de l’année écoulée, au cas ou j’ai un petit coup de mou sur ma sélection de cadeaux de noël.
Un drone ou une montre connectée, donc, celles là même qui n’auraient pas séduit les consommateurs.
Mais ne vous en faites pas, le CES est là aussi revenu avec son lot de nouveautés, y compris pour les enfants de 3 ans. Soyons honnêtes, je n’ai rien contre ce produit aux couleurs sympas ou contre la société qui le commercialise et qui en plus semble prendre à cœur la santé de nos petits... mais j’estime que mon gamin peut penser à se brosser les dents seul ou qu’il ne me coute rien de le lui rappeler, voire de passer du temps avec lui pour lui apprendre à lire l’heure.

Je pourrais encore évoquer ces jouets connectés qui peuvent surveiller vos enfants, quitte à ce que la base de données du constructeur se fasse pirater, à moins que ce ne soit le jouet lui-même... Ou carrément votre voiture, qui peut être prise via contrôle à distance. Ou encore la centrale domotique Amazon, qui peut faire livrer pour vous ou vos enfants de 6 ans la maison de poupée de vos rêves.
Défaut de sécurisation ? C’est de toute manière de votre faute (et c’est meilleur pour le business) !

N’en jetons plus, nous sommes de toute évidence cernés.

Suite à ce tour d’horizon effectué à la longue vue du tout puissant marketing, je pourrais conclure que l’objet connecté n’est que le nouvel avatar de la technologie pour geeks hype qui va servir à vous faire dépenser votre argent, tout en livrant en plus vos données en pâture au monde entier.

En soit, ce n’est pas complètement faux. Cependant, les objets connectés, moi, j’y crois. Sur le plan de la sécurité, d’abord. Sur le plan de l’intérêt, ensuite.

Je ne prétends pas que les industriels soient complètement désintéressés par la sécurité de leurs produits, mais le marketing allant tellement plus vite que la technique, les réponses apportées actuellement sur ce domaine sensible en sont encore à leurs débuts, alors que les problèmes de sécurité tirent part de la plus grande rationalisation des composants et de l’usage intensif de normes. Et oui, mais quand tout le monde à un port USB, il n’est pas sorcier de tous attraper la grippe à USB (prononcez "grippe asboub", je vous fais cadeau de ce néologisme).

Ceci dit, sur ce marché, la maturité arrivera aussi au niveau de la sécurité, même si cela prendra quelques années. Que pouvez vous y faire ? Rien. A part éviter d’acheter à tort et à travers et de connecter tout et n’importe quoi. De toute manière, ici aussi, le marché des télécoms évolue, avec par exemple l’arrivée annoncée de forfaits dédiés pour les objets qui transmettent peu de données mais de manière continue. En bref, tout capteur dont vous pouvez rêver, même s’il est hors de portée wifi au fond du jardin. Ce que vous, vous choisirez de faire de ce capteur est toute l’autre partie du problème, celle de l’intérêt de tels objets.

La finalité de l’objet connecté, ce n’est pas d’être justement connecté, c’est de vous faciliter la vie, ou de faire quelque chose que vous ne pouviez pas faire avant. Pas de vous la prémâcher en vous rendant incapable de faire vos lacets tout seul.
Un capteur connecté prendra avantageusement la température à votre place toutes les 15 minutes au fond de votre jardin, parce que, parfois, vous dormez. Ce que vous pouvez faire de cette température mesurée est autre chose. Prise seule, ma foi, pas grand chose. C’est informatif, certes, mais cela s’arrête là. Maintenant si vous pouvez noter cette mesure, et tracer une courbe, faire une moyenne sur l’hiver, vous aurez peut être une information intéressante, en tous cas, plus étayée que la méthode dite du "doigt mouillé".

Connexion, oui, mais exploitation, donc. Alors, certes, vous pouvez parfaitement faire votre petit traitement de données tout seul dans votre coin, mais ce serait passer à côté de certains services intéressants en la matière.

Je vais donc vous présenter brièvement Thingspeak, un site ludique, éducatif, et gratuit.
Basiquement, il vous permet d’enregistrer les données de capteurs, envoyées via des requêtes HTTP, et ensuite d’en faire le traitement ou de permettre une visualisation graphique. Il s’intègre aussi avec Twitter s’il vous prend l’envie de gazouiller automatiquement quand vos poireaux prennent un coup de gel.

Ce qui rend la chose vraiment intéressante et communautaire, c’est que vous pouvez aussi exploiter les informations fournies par d’autres utilisateurs si ils ont choisi de les rendre publiques. Par exemple, ce tutoriel vous permettra de visualiser sur une carte le déplacement d’un gros porte container, ou plutôt celui de sa puce GPS, le tout facilement.
Trouvez-moi une cigogne avec un traceur GPS et je montrerais sa migration annuelle ! Et là, la seule limitation devient celle de votre imagination, parce que les capteurs connectés sur ce service sont nombreux.
Pour vous donner un aperçu de l’avenir, rappelez vous qu’en 2011, Cisco prévoyait que d’ici la fin de la décennie, le monde compterait 50 milliards d’équipements connectés à internet. Près de 7 pour chaque être humain. Alors à nous de savoir être créatifs et d’en tirer parti.

Article rédigé par @TyffynOmbrelune pour @Brain_Roster

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L’Equipe de rédaction de BrainRoster au service des rédacteurs paresseux.

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