Gameroom cache-t-il son jeu ?

Par Djianne / 9 novembre 2016

Le 02 novembre dernier Facebook lançait officiellement sa plateforme de jeux vidéo dénommée sobrement Gameroom après avoir annoncé son partenariat avec Unity il y a deux mois.

Largement inspirée du modèle créé par Valve et aujourd’hui mondialement connue, Gameroom attaque le marché du jeu vidéo par les flancs en ne proposant pour l’instant que du jeu typé “casual gaming”, facile d’accès et dématérialisé (tous quasiment déjà présents via le réseau social soit dit en passant).
Le réseau social a ainsi jugé utile, pour son lancement, de limiter la taille des jeux à 200 Mo (500 Mo envisageables pour les cas exceptionnels). Autant dire que les grosses productions ne risquent pas de s’inviter dans l’immédiat.

Si le rachat de l’Occulus VR pouvait laisser éventuellement penser que Facebook lorgnait du côté du marché du jeu vidéo, le partenariat avec Unity et le lancement de Gameroom auront fini de convaincre les plus sceptiques d’entre nous.

Cette intrusion peu discrète et en plus - les païens - via ce qui est souvent considéré comme le parent pauvre du jeu vidéo (jeux par navigateur, casual gaming, social gaming), ne plaît pas aux amateurs et connaisseurs de tous poils qui y voient déjà une ingérence illégitime voir même vulgaire.
Si, en effet, le marché du jeu vidéo pèse lourd en terme d’économie, il n’en reste pas moins sacrément casse-gueule et reste connu pour avoir sans doute les consommateurs les plus râleurs et incompréhensibles du monde (cette dernière affirmation est totalement gratuite et subjective), aussi, le fait pour Mark Zuckerberg d’avoir fait ce choix là pour le futur de son groupe peut-il surprendre.

Car même si le réseau social a permis à bon nombres de petits studios de devenir des géants (aux pieds d’argile) via le social gaming, rien ne garantit que le consommateur de ces jeux via ledit réseau social, va migrer vers une plateforme dédiée qui va nécessiter de télécharger un client. Pour ce qu’en j’en sais, les joueurs de candy crush n’ont majoritairement rien à voir avec ceux qui achètent et téléchargent des jeux via Steam.

Toutefois, je serais malavisée de sous-estimer les capacités du géant américain à chercher un nouveau filon à exploiter, Facebook arrive bientôt à saturation de son newsfeed en terme d’espaces publicitaires et cela va forcément se traduire par une baisse des revenus. Même si l’explosion du mobile laisse penser que la publicité a encore de beaux jours devant elle, nous savons que celle-ci est aussi en pleine mutation et cherche de nouveaux moyens et espaces pour évoluer et croître.

C’est ici qu’un aspect plutôt intéressant de cette plateforme devient pertinent : Gameroom est open source et plus précisément Capture The Flag.

Ce modèle a donc pour mission d’encourager le plus grand nombre à en apprendre plus sur la cybersécurité et sur les bugs informatiques, en laissant l’accès libre aux développeurs, chercheurs et autres amateurs.

Nous pourrions presque croire que le lancement de Gameroom, plus qu’une entrée sur le marché du jeu vidéo, n’est au fond qu’un gigantesque coup marketing ayant pour but d’asseoir l’image du groupe :

  • En communiquant sur la cybersécurité, un sujet qui sera au coeur du 21ème siècle
  • En promouvant l’idéologie du groupe (social sharing, outils open source…)
  • En favorisant l’innovation (pourquoi pas à son profit en améliorant sa plateforme, ses outils, voir en recrutant)
  • En créant une nouvelle communauté autour de sa plateforme.

De quoi remettre les choses en perspective n’est ce pas ?

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Djianne

Rédactrice en chef de BrainRoster et présidente de BrainToaster. Particularités : grande maîtrise de la caféine en intraveineuse, -12 en diplomatie, pond environ 10 idées banco à la minute.

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