Edito #9 - Novembre 2016

Par Djianne / 28 novembre 2016

Gilmore Girls 2016 a raté son lifting

Comme la majorité d’entre vous, je n’en doute pas un instant, à la fois nostalgique et impatiente j’attendais le retour des Gilmore Girls sur Netflix et une fin digne de cette série qui avait accompagné mes premières années dans le monde du travail. La fin d’une époque, de l’adolescence, des illusions et enfin le début de ma vie d’adulte.

Six heures pénibles plus tard, j’avoue être restée un moment à me demander si c’était moi qui avait trop vieillit pour avoir autant envie de claquer ces héroïnes que j’avais pourtant tant apprécié, ou si c’était ce "come back" qui s’était juste vautré jusqu’à l’échec ultime.

Passons sur les moments convenus et parfois poussifs où l’on retrouve les personnages qui ont vieillit, certains mieux que d’autres il est vrai, pour revenir sur le ton général d’une série qui c’était toujours voulu ambitieuse malgré son background de drama.

La version 2016 de Gilmore Girls est un ramassis affligeant de clichés, de non-sens et d’absurdités enchaînés bout à bout afin d’engendrer dans la douleur une des pires séries sexistes, consensuelles et débilitantes qu’il m’ait été donné de voir depuis longtemps.

Alors que dix ans plus tôt la série surfait avec aisance sur des sujets casse-gueule comme le féminisme, la sortie de l’adolescence version roman d’apprentissage, les mères célibataires ou le choc des classes sociales, dix ans plus tard, les personnages ne sont plus que des parodies d’eux-mêmes, poussant leurs caractéristiques à l’extrême jusqu’à en être grotesques, pour le seul plaisir de placer des sujets polémiquement corrects ou tendances.

Et que je te balance la GPA, le mariage gay, une ou 2 allusions à Twitter ou internet pour faire bien, le sexe casual honteux, des piques sur les geeks et ce rocambolesque trip de "wild" où l’héroïne, figure maternelle de 48 ans quand même, trouve l’illumination derrière la benne à ordure d’une station service pourrie...

Les personnages féminins sont irritants et immatures, coincés sous l’égide de mâles tantôt stupides (Luke n’a jamais été aussi néandertalien), tantôt prince charmant (Logan le chevalier en armure inutile), incapables d’avancer ou de régler leurs névroses.
A l’image de la comédie musicale que l’on nous impose au troisième épisode, l’ensemble de la série est rétrograde et passe complètement à côté de sa génération, incarnée tristement par le club des "trentenairesquelquechose" revenus vivre, traumatisés par le monde extérieur, chez leur parents.

Quel message cet opus 2016 voulait-il faire passer ? Et surtout à quelle génération s’adressait-il ?

Alors que Gilmore Girls avait amené - certes avec beaucoup de pirouettes scénaristiques - ses personnages à évoluer, à faire des choix de vie, à enfin tourner la page de mère célibataire pour laisser la génération suivante prendre son envol, nous retrouvons dix ans plus tard une ado de 32 ans qui reproduit les mêmes erreurs que sa mère avec encore plus de condescendance et d’immaturité, piétinant 7 saisons d’émancipation féminine et personnelle, qui avaient réussi à réconcilier les deux mondes de Stars Hollow (classe ouvrière et moyenne) et d’Hartford (classe privilégiée).

Comment peut-on autant passer à côté des années 2010 et le faire avec autant de mépris ? A l’image du personnage de Rory qui insulte la CEO de la startup pour laquelle elle vient de passer un entretien d’embauche avec la même attitude que toute la série pour le monde moderne : désintérêt, suffisance et surtout, non maîtrise du sujet.

Une catastrophe que mes multiples personnalités se devaient de dénoncer via cet édito rageur...

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Djianne

Rédactrice en chef de BrainRoster et présidente de BrainToaster. Particularités : grande maîtrise de la caféine en intraveineuse, -12 en diplomatie, pond environ 10 idées banco à la minute.

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