Edito #5 - Mai & Juin 2016

Par Djianne / 1er juin 2016

Sur internet nous avons tous un peu l’impression d’être militant...
En likant cette vidéo qui appelle à la révolte, en partageant cet article revendicatif, en followant sur Twitter cet individu qui ose dire tout haut ce que l’on pense tout bas…
Suis-je engagé en partageant un contenu qui l’est ? Suis-je proactif en exposant au web mes préférences sociales ou politiques entre deux GIF de chat ?

Cette “solidarité artificielle” qui se fond dans le décor aussi vite qu’elle en a émergé peut-elle avoir sa propre utilité ?

Comme nous avons pu le voir ces derniers mois les mouvements nés sur les réseaux sociaux parviennent peu à peu à sortir de leur monde de pixels pour émerger et changer une fois confrontés au monde réel, pour le pire et pour le meilleur…
Il est évident que 2016 a marqué une sorte de cap, rendant les frontières entre virtuel et réel plus floues, permettant au réel d’avoir une autre dimension sur internet et au web de prendre corps et voix dans le réel.

Mais ce choc des cultures ne se fait pas sans heurts, confrontant parfois les âmes idéalistes à une réalité plus dure ou au contraire en concrétisant les idéaux.

Le net a aussi cela d’extraordinaire, au sens premier du terme, c’est qu’il mute si vite que c’est à nous de nous adapter et plus l’inverse.

Il existe toutefois une rupture entre la réalité sociale et la société qui émerge du web. A l’image de nos politiques qui tentent d’en contrôler les effets sans même en comprendre les enjeux et les fondements.

Mais ne nous leurrons pas, aujourd’hui personne n’est capable de prédire ce que la transformation numérique globale qui arrive va provoquer ou changer : robotique, transhumanisme, intelligence artificielle, réalité virtuelle ou augmentée, communication, énergie, traitement des données, transport, travail, droit… Ce sont les fondements entiers de notre civilisation qui vont changer.

Et malgré tout notre idéalisme sur la nature humaine il faudra bien des gardes-fous pour éviter les dérives.
Mais pour que cela fonctionne il est nécessaire que ces régulations se fassent en harmonie avec le sens de cette (r) évolution.

Comprendre que légiférer pour contrôler bêtement ou entraver ne fera que créer des points de pression voués à exploser tôt ou tard, à l’image de l’ubérisation que notre gouvernement s’échine à combattre fiscalement et juridiquement au lieu d’essayer de comprendre quels besoins ce nouveau modèle économique cherche à combler pour au contraire l’accompagner en protégeant le consommateur ou le travailleur des dérives possibles.

Même combat avec le droit du travail pour lequel beaucoup s’accordent à dire qu’une refonte est nécessaire pour que l’aspect juridique soit compatible avec les mutations en cours et à venir, mais pas dans l’esprit d’une loi qui semble bien partie pour accentuer le malaise social au lieu d’encourager les initiatives individuelles, la reconversion et la formation.
Avec les enjeux à venir le droit du travail devrait en effet s’appuyer sur les outils existants et leur donner un véritable sens, comme par exemple avec le droit individuel à formation, la validation des acquis professionnels ou encore l’ouverture des formations à tous les salariés et chômeurs quel que soit leur niveau d’étude ou leur âge.

Alors que le lien entre les attentes et la réalité n’a jamais été aussi distendu, le Numérique dans son ensemble est un outil qui prend peu à peu son envol, se libère et apprend.
Eldorado trompeur ou tremplin pour une autre réalité, il sera dans tous les cas au cœur des mutations de demain et il serait temps que l’on décide si celles-ci devront se faire dans la douleur ou dans la sérénité…

Djianne

Rédactrice en chef de BrainRoster et présidente de BrainToaster. Particularités : grande maîtrise de la caféine en intraveineuse, -12 en diplomatie, pond environ 10 idées banco à la minute.

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