Edito #2 - Février 2016

Par Djianne / 5 février 2016

Do you speak #datadigital ?

Do you speak #datadigital ?

Se lancer dans l’exploration du web 3.0 requiert avant tout un stage intensif d’apprentissage de son langage à part entière.
Que celui qui n’a jamais “googlé” un terme appartenant au vocabulaire élitiste du domaine numérique me jette la première pierre !

Il m’arrive encore de ne pas comprendre l’intitulé d’une offre d’emploi par exemple, souvent bien peu aidée par un descriptif aseptisé (et dire que l’on nous serine depuis tant d’années avec les CV…)

Tu fais quoi dans la vie ?
account executive salesforce marketing cloud.
O...k...

Pourquoi la révolution numérique doit-elle forcément en passer par un jargon franglais barbare ?

Evidemment la majorité des notions modernes de marché, commerce en ligne ou veille numérique nous viennent des pays anglo-saxons qui ont littéralement défriché le marketing moderne.
Est-il alors préférable ou même utile de traduire ces termes anglais précis et courts alors qu’une traduction se révélera bien souvent lourde, longue et pas forcément plus explicite ?

Nous nous apercevons rapidement que la volonté de traduction se heurte à un gros problème de vocabulaire équivalent, inexistant dans la langue de Molière, mais surtout à une absence de culture du “parlé concis”, quitte à inventer des mots ou des expressions.

Les startups et autres “faiseurs de futur” ne s’encombrent pas de détails aussi futiles qu’une approbation du Larousse ou d’une quelconque Académie des Lettres avant d’utiliser un nouveau mot, du moment que celui-ci est efficace.

L’efficacité à l’instant T est devenue plus importante que le long terme, à l’image d’un domaine en perpétuelle mouvement qui se réinvente et se digère plus vite que les transformations des siècles précédents.

Le mot devient outil au service d’un produit, d’une culture, d’une tendance…. il se complète, s’utilise en kit, s’adapte.

Au même titre que le capital humain qui devient multitâche, adaptable, utilisable à court terme, le temps d’une transformation numérique pour continuer ensuite, ailleurs, ou évoluer lui-même en endossant un nouveau rôle.
N’y voyez pas ici de corrélation avec la notion de main d’oeuvre jetable, ce n’est justement pas du tout la même chose, et c’est sans doute cette notion nouvelle, voir effrayante, d’adaptabilité et d’évolution a aussi court terme qui rend la vision de la transformation numérique si nébuleuse, changeante et forcément intimidante.

Comment me positionner ? comment me reconvertir ? ais-je une place, des compétences dans ce domaine ?
Comment trouver mes marques après des décennies de culture de l’immobilisme, d’entreprises paternalistes et de CDI à vie dans la même boîte….

A l’image des mots que l’on emprunte au vocabulaire anglo-saxon mieux adapté, tous ces nouveaux emplois modernes émergents ou en devenir devront en passer par un changement de mentalité de notre vision du marché du travail, changement qui risque toutefois de se heurter à certaines instances administratives fossilisées et à une culture managériale française frileuse et parfois même archaïque.

La France est-elle vraiment prête pour la révolution numérique ?

Djianne

Rédactrice en chef de BrainRoster et présidente de BrainToaster. Particularités : grande maîtrise de la caféine en intraveineuse, -12 en diplomatie, pond environ 10 idées banco à la minute.

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