Chronique : Ma Région a du Talent

Par Djianne / 25 avril 2016

La Connect E Cut de Seloncourt

L’association West Origines organise pour la première fois en Franche-Comté une convention Web Series & Multimedia le 30 avril 2016 à Seloncourt.

L’objectif de la CONNECT E CUT est, je cite :

" De rendre la culture multimédia/web accessible à tous à travers un événement destiné à un large public. C’est également l’occasion de créer un rendez-vous incontournable du webcinéma et du multimédia en rassemblant différentes générations, les novices et les passionnés, les amateurs et les professionnels autour d’un même événement. Web-Séries, Cinéma, Jeux-Vidéo, Geeks, Cosplay, Web, autant d’univers réunis chaque jour à travers le Web et faisant partie de la culture CONNECT E CUT."

Un postulat ambitieux pour une convention également très ambitieuse dans sa réalisation et son programme.

Je suis donc allée à la rencontre de l’association West Origines et de son président et co-fondateur Abdel Halim Ait Brahim afin d’en apprendre un peu plus sur leur vision de la culture multimédia d’aujourd’hui.

Interview d’Abdel Halim Ait Brahim

Brainroster : L’univers de la web série est en plein boom en France, pensez-vous que la Connect E Cut arrive au bon moment et au bon endroit ?

Abdel Halim Ait Brahim : Oui c’est évident que la web série commence à intriguer ces derniers temps, pourtant ça existe depuis quelques années, et la Connect E Cut arrive au bon moment car elle a été préparée en amont pour justement en parler et l’initier au public.

B : Cette démocratisation de l’usage de la web série est t’elle une bonne chose ou un risque de baisse qualitative ou de récupération par la scène professionnelle ?

A.H.A.B. : C’est une bonne chose car les productions cinématographiques sont à court d’idées, entre les spin-offs et les reboots elles ne donnent pas la chance aux auteurs qui veulent innover sous prétexte de rentabilité financière. En tant que réalisateur amateur je dirais que la web série permet de créer un preview de se qui peut être exploitable à l’écran. C’est en quelque sorte une "maquette" que l’on peut présenter au public, et si ce dernier adhère alors les producteurs seront moins frileux à l’idée d’investir. Concernant la qualité il faut être indulgent car c’est souvent des groupes qui ne sont pas rémunérés et qui le font par passion. Mais d’un point de vue réalisateur le défaut que l’on pourrait reprocher est une certaine impatience, en effet la plupart des web séries regorgent d’idées mais leurs dirigeants sont trop pressés et c’est ça qui impact la qualité.

B : Pensez-vous que la web série a un avenir en tant que tel ou que c’est un support passager amené à se transformer ?

A.H.A.B. : C’est une question difficile car le web évolue constamment, je dirais les deux, car la web série est aussi utilisée dans le domaine de l’entreprise pour de la communication interne et externe. C’est utilisé également dans tout ce qui est pédagogique. Concernant le support, de plus en plus de chaîne télévisée vont vouloir acheter les droits pour le diffuser dans un canal TV du coup Web série deviendra série.

B : Quelle est votre définition de la web série ?

A.H.A.B. : Comme son étymologie l’indique c’est une série sur le web, mais ma définition serait : une création abordable pour tous les passionnés du cinéma. Je dirais même tous les frustrés ! (J’en suis un moi-même). Qui n’a jamais rêvé de devenir acteur ? Réalisateur ? Faire une suite à un film, ou un univers alternatif. C’est de la frustration positive qui incite un fan à créer.

B : Ce modèle de média fait son entrée à la télévision, est-ce un format viable pour le petit écran ? ou pensez-vous plutôt que c’est la télévision qui a amorcé sa mutation ?

A.H.A.B. : Je pense que depuis que le REPLAY existe je dirais que oui c’est un format viable, et concernant la TV je dirais qu’ils ont enfin compris qu’ils étaient en retard...

B : Comment la Ville de Seloncourt a t’elle accueilli, voir soutenu, le projet ?

A.H.A.B. : Alors la Ville de Seloncourt c’est un plateau de tournage, une ville de tournage ! Je ne compte pas le nombre de scènes que nous avons pu y tourner. C’est une petite ville certes, mais qui a donné la chance à de jeunes frustrés de pouvoir réaliser des films puis des web séries et enfin la CONNECT E CUT. Elle a soutenu le projet sans hésitation et avec un renfort logistique important. Pour Seloncourt je pense que c’est un honneur, enfin je l’espère, en tous cas pour moi c’est de de la reconnaissance.

B : La Connect E Cut a l’ambition d’être un festival multimédia, n’est-ce pas trop ambitieux compte tenu de l’étendue de ce que ce terme implique ?

A.H.A.B. : Créer une web série c’est avoir de l’ambition cela nécessite d’écrire un scénario, une histoire, de trouver des acteurs, des lieux de tournage et ensuite de réaliser. Mais pas que, car il n’ y pas de production qui va fournir des techniciens, des monteurs, des communicants pour faire la promotion. Tout ça c’est quelques personnes qui vont devoir sortir leurs mains de leurs poches et apprendre plusieurs domaines liés au multimédia : technique de prise de vue, manipulation des logiciels de montage et Fx, traiter l’image. Mais ce n’est toujours pas fini, une fois que la web série est réalisée, il faut la promouvoir, il faut créer un site Internet, établir une stratégie web-marketing via les réseaux sociaux, la presse, la radio et j’en passe...

En fait ce que j’essaie d’expliquer est un peu compliqué, mais aujourd’hui le multimédia à pris une ampleur monstrueuse et on en a besoin pour évoluer dans tous les domaines, pas que dans la web série, que ça soit en créant des applications ou juste comprendre les références aux codes du web.

B : Pourquoi cette volonté de rendre le multimédia accessible ? le pensiez-vous trop opaque ?

A.H.A.B. : En tant que formateur (Web, Communication & nouvelles technologies) dans ma vie professionnelle, je me suis rendu compte qu’il y avait une fracture numérique et je me suis inspiré alors du jeune créateur qui a dû apprendre pour arriver à son objectif. Concernant la fracture numérique, je ne parle pas que de l’ancienne génération mais je m’adresse surtout à la nouvelle, ce n’est pas parce qu’ils sont sur les réseaux sociaux qu’ils maîtrisent. Le multimédia n’est pas opaque, il y a juste trop de préjugés on a tendance à cataloguer les geeks. Mon souhait pour la Connect E Cut c’est que ancienne génération et nouvelle puissent se rencontrer et partager, découvrir une passion.

B : Comment voyez-vous le futur de la Connect E cut ?

A.H.A.B. : Nous verrons après la Connect E Cut !

B : Vous avez la parole ! (commentaire libre)

A.H.A.B. : Rendez-vous à la Connect E Cut le 30 AVRIL 2016 !

Le message a le mérite d’être clair : la culture multimédia & web sont en pleine mutation et cette convention va être l’occasion pour les profanes, les amateurs et les professionnels de découvrir, d’apprendre et de partager.

Face à Face

Abdel Halim Ait Brahim a également accepté de se prêter au jeu du "selfie-vidéo", armé de ses petites fiches et d’un chrono pour s’obliger à rester concis...

Pour plus de renseignements sur cet événement à ne pas manquer je vous invites à visiter le site officiel et la page Facebook de la Connect E Cut.

Nota : Toutes les images de cet article proviennent du site officiel de l’événement.

Djianne

Rédactrice en chef de BrainRoster et présidente de BrainToaster. Particularités : grande maîtrise de la caféine en intraveineuse, -12 en diplomatie, pond environ 10 idées banco à la minute.

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